René MABILA

Matricule 45808
decede
Portrait de René MABILA
René Mabila © Mireille Mabila. Source et crédits : Déportés politiques à Auschwitz.
Convoi 45000

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

René, Léon, Eugène, Mabila naît le 23 mai 1909 à Garches [1] (Seine / Hauts-de-Seine), chez ses parents, Léon Mabila, 25 ans, maçon, et Silvine, Rachel Baron, son épouse, 25 ans, domiciliés rue des Cours-Communes. Les témoins pour l’inscription du nouveau né à l’état civil sont son oncle maternel, Eugène Baron, fruitier, et un ami de son père, marchand de beurre.

De la classe 1929, René Mabila accomplit son service militaire au 5e régiment d’infanterie à Coulommiers.

Le 28 septembre 1929 à Villevaudé (Seine-et-Marne – 77), il se marie avec Eugénie Léonie Brimant, née le 2 juillet 1907 dans cette commune.

Le couple a cinq enfants, dont André, né en 1930, Raymond, né en 1931, tous deux à Lagny-sur-Marne (77), Ginette, née en 1933, et Roger, né en 1935, tous deux à Dampmart (77), âgés respectivement de 12, 10, 8, 6 ans en mars 1942. Le dernier-né aura 4 ans à cette date (né vers 1938).

En 1936 et jusqu’au moment de l’arrestation du chef de famille, celle-ci habite une maisonnette en location au 8, rue de Carnetin à Dampmart, dans une boucle de la Marne, dans une boucle de la Marne, village dont la gare ferroviaire permet de rejoindre la Gare du Nord à Paris.

René Mabila est maçon (cimentier ou ferrailleur). À la veille de son arrestation, il est chef d’équipe à la Maison Schneider, 52, quai de Boulogne à Paris.

En 1936, il adhère au Parti communiste et devient secrétaire de la cellule de Thorigny-sur-Marne (77), commune voisine de son domicile, diffusant les journaux de l’organisation.

Le 28 janvier 1939, à la demande de la direction générale de la Sûreté nationale au ministère de l’intérieur, et après avoir consulté ses sous-préfets, le préfet de Seine-et-Marne transmet à celle-ci un long rapport sur « l’organisation et l’activité de chacun des partis extrémistes » de son département dans lequel sont répertoriées les cellules du parti communiste. Pour Thorigny, il désigne effectivement René Mabila comme secrétaire. « Les réunions de cette cellule, dont l’activité est nulle, se tiennent au Café Antony, place de l’Église […] ».

Le dimanche 19 octobre 1941 à 17 heures, René Mabila est appréhendé à son domicile par des Feldgendarmes au cours d’une vague d’arrestations décidée par l’occupant contre des communistes de Seine-et-Marne, pris comme otages en représailles de distributions de tracts et de destructions de récolte – incendies de meules et de hangars – ayant eu lieu dans le département.

Le même jour, René Mabila est interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ), où il est immatriculé sous le n° 1778, parmi 86 Seine-et-Marnais arrêtés en octobre ; 42 d’entre eux seront des “45000”.

Un angle du camp de Royallieu vu depuis le mirador central dont l’ombre se profile sur le sol. Le renfoncement à droite dans la palissade correspond à l’entrée du Frontstalag 122.