Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.
Robert, Alphonse, Moricci naît le 22 février 1922 à Paris.
Au moment de son arrestation, il est domicilié au 48, rue Victor-Hugo, dans le quartier de la Plaine des Sables, à Draveil (Seine-et-Oise / Essonne) [1].
Robert Moricci entre dans le groupe d’enfants de la section draveilloise du Secours Ouvrier International (SOI) créé en 1931, où il se lie d’amitié avec Maurice Le Berre. Militant des Jeunesses communistes. Il a 17 ans en 1939. Il est coupeur de bois, garçon de café.
Robert Moricci est arrêté dans la nuit du 13 au 14 juillet 1941 par la police française (commissariat de la circonscription de Montgeron, préfecture de Versailles pour le compte de la Feldkommandantur 758 de Saint-Cloud) pour distribution de tracts du Front national [2] préparant les manifestations du 14 juillet contre l’occupant, avec Pierre Bonnot (interné à Beaune-la-Rolande), Marcel Linard (fusillé comme otage le 9 mai 1942 à Clairvaux), André Rousseau (futur “45000” lui aussi ).
Le 29 juillet, Robert Moricci est condamné par le tribunal militaire allemand de Saint-Cloud à six mois de prison pour propagande communiste, comme André Rousseau. Il est successivement emprisonné à la prison militaire du Cherche-Midi, à Paris (juillet-août 1941), à l’établissement pénitentiaire de Fresnes (Seine / Val-de-Marne (août-octobre), puis à Villeneuve-Saint-Georges (octobre 1941-janvier 1942).
Le 15 janvier 1942, à l’expiration de sa peine, il n’est pas libéré, car il figure (depuis novembre) sur les listes allemandes d’otages susceptibles d’être fusillés ou déportés : deux jours plus tard, il est transféré avec André Rousseau au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).
La caserne de Royallieu après-guerre. Les huit premiers bâtiments alignés à gauche sont ceux du quartier “A”, désigné pendant un temps comme le “camp des communistes”. À l’arrière plan à gauche, sur l’autre rive de l’Oise, l’usine de Venette qui fut la cible de plusieurs bombardements avec “dégâts collatéraux” sur le camp. Carte postale. Collection Mémoire Vive.
Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).
Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.
Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.
Le 8 juillet 1942, Robert Moricci est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 45897, selon les listes reconstituées (sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée).
