Roger CHAPUT

Matricule 45352
decede
Photographie de Roger CHAPUT
Roger Chaput à Auschwitz — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2014/07/chaput-roger-armand-leon/
Convoi 45000

Auschwitz, le 8 juillet 1942. Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, Oswiecim, Pologne. Collection Mémoire Vive. Droits réservés.

Roger Chaput naît le 15 octobre 1911 à Saint-Ouen [1] (Seine / Seine-Saint-Denis – 93), chez ses parents, Ernest Léon Chaput, 28 ans, paveur, et Catherine Eugénie Taupin, 27 ans, son épouse, domiciliés au 20 rue Soubise.

Début 1933, Roger Chaput habite encore chez ses parents, à la même adresse. Il travaille alors comme dessinateur.

Le 11 février 1933, à Saint-Ouen, il se marie avec Suzanne Tessier, née le 19 mars 1912 à Paris 8e. Ils ont une fille, Christiane, née le 25 novembre 1933 à Saint-Ouen.

En 1936 et jusqu’au moment de son arrestation, Roger Chaput est hébergé dans le pavillon de ses beaux-parents, Valentin Alcide et Suzanne Tessier, au 16, rue des Châteaux à Saint-Ouen. En 1936, ceux-ci sont respectivement ébéniste pour la Compagnie des Chemins de fer de l’État à Paris 8e, et employée des Finances à Paris 15e. Roger Chaput est alors paveur pour la société La Productrice à Saint-Ouen.

À une date restant à préciser, il adhère au Parti communiste.

Sous l’occupation, le commissaire de police de Saint-Ouen le signale « comme devant être interné au cas de troubles intérieurs graves ».

Le 24 octobre 1941, le commissaire de police de Saint-Ouen mène une perquisition infructueuse à son domicile. « Nous sommes reçus par Madame Chaput, née Tessier Suzanne (…) . Le ménage occupe le premier étage d’un pavillon composé d’une entrée, d’une cuisine, d’une salle à manger est d’une chambre à coucher ; rien à signaler ; nous visitons également le rez-de-chaussée du pavillon habité par madame Tessier, belle-mère du nommé Chaput, même disposition de pièces, aucun résultat. Nous visitons aussi la cave et le grenier de la maison et n’y découvrons aucun objet suspect. » L’officier de police en adresse aussitôt le compte-rendu à la direction des Renseignements généraux qui, la veille, a sollicité six “visites domiciliaires” à Saint-Ouen.

Le 28 avril 1942, Roger Chaput est arrêté à son domicile par des Feldgendarmes accompagnés de policiers français, comme otage, lors d’une grande vague d’arrestations collectives (397 personnes) organisée par « les autorités d’occupation » dans le département de la Seine, visant majoritairement des militants du Parti communiste clandestin. Les hommes arrêtés sont rapidement conduits au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmach ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).

La caserne de Royallieu en 1957 ; au deuxième plan, les six grands bâtiments alignés du quartier C, qui semblent avoir souvent servi au regroupement des internés sélectionnés pour la prochaine déportation. L’enceinte et les miradors du camp ont disparu (les deux hangars en bas à gauche n’existaient pas).

Entre fin avril et fin juin 1942, Roger Chaput est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.