Rose BLANC

Dite « Rosette »
Matricule 31652
🕊️ Morte en déportation
Photographie non retrouvée pour Rose BLANC
Photographie individuelle non retrouvée. Image de remplacement.
Rose Blanc, dite « Rosette », naît le 24 septembre 1919 à Elne, dans les Pyrénées-Orientales. Dernière d’une famille de huit enfants élevée par de petits cultivateurs, elle obtient son certificat d’études puis travaille dans une ferme. À dix-huit ans, elle part pour Paris, devient employée de maison et apprend ensuite la sténodactylographie à l’école Pigier. Deux de ses frères adhèrent à la Jeunesse communiste et Rose les rejoint. Pendant la guerre d’Espagne, elle participe dans les Pyrénées-Orientales au soutien des républicains espagnols. En 1937, elle fonde la section de l’Union des jeunes filles de France de Perpignan. Cette expérience militante la prépare à l’action clandestine après l’Occupation. Dès 1940, elle entre dans l’organisation illégale du Parti communiste et vit à Paris sous le nom d’Amélie Garrigue. Elle devient agente de liaison du Front national universitaire, au contact de responsables tels que Georges Politzer et Jacques Solomon. Elle transporte des messages et maintient les liens indispensables entre des militants soumis à une étroite surveillance policière. Le 17 mars 1942, les brigades spéciales l’arrêtent dans le vaste coup de filet visant l’affaire Pican-Cadras. Interrogée à la préfecture de police, elle est envoyée au dépôt puis remise aux Allemands le 23 mars et enfermée à la Santé. Le 24 août, elle est transférée au fort de Romainville sous le matricule 648. Le 22 janvier 1943, Rose rejoint Royallieu à Compiègne. Deux jours plus tard, elle est déportée avec 229 autres femmes dans les derniers wagons d’un convoi d’otages. Le train atteint Auschwitz le 26 janvier ; à Birkenau, elle reçoit le matricule 31652, tatoué sur l’avant-bras. Elle est photographiée à Auschwitz-I le 3 février. Atteinte du typhus, Rose meurt à Auschwitz en avril 1943 selon les témoignages de rescapées. L’acte de décès du camp a disparu avec les documents détruits par les SS avant l’évacuation de janvier 1945, si bien qu’aucun jour précis ne peut être retenu. Ses deux frères, eux aussi déportés, survivent et reviennent en France. Une plaque rappelle Rose sur la maison parisienne où elle est arrêtée, et une stèle lui est dédiée à Elne. Derrière le matricule 31652 demeure « Rosette », jeune sténodactylo et agente de liaison, engagée dès l’adolescence contre le fascisme et morte à vingt-trois ans après avoir servi l’organisation clandestine.