Simone SAMPAIX

Matricule 31758
decede
Portrait documenté de Simone SAMPAIX
Simone Sampaix avant guerre. Collection Frédéric Blanc, droits réservés.
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Simone Sampaix avant guerre. Collection Frédéric Blanc, droits réservés.

Simone, Lucienne, Sampaix, naît le 14 juin 1924 à Sedan (Ardennes), fille de Lucien Sampaix, 25 ans, ajusteur mécanicien, et d’Yvonne Colas, son épouse, 21 ans,ouvrière de filature. Simone aura deux frères plus jeunes : Jacques, né en 1928, et Pierre, né en 1930, tous les deux dans les Ardennes.

Démobilisé en 1921, Lucien Sampaix est métallo aux Aciéries de Longwy (Meurthe-et-Moselle). Il a commencé très tôt à militer, adhérant d’abord au syndicat Confédération générale du travail unitaire (CGTU) de la métallurgie, puis, en 1923, au Parti communiste. Il est rapidement devenu secrétaire à la fois du syndicat local des Métaux et du rayon du PC de Sedan. Dès lors, il a participé à toutes les luttes, comme celles de la Ruhr en 1923 ou de la guerre du Rif en 1925, animant des réunions ou organisant des grèves dans le Sedanais et à Raucourt (Meurthe-et-Moselle). Il est également membre de l’ Association républicaine des anciens combattants (ARAC) et du Secours rouge international (SRI).

Le 5 avril 1924, à Sedan, Lucien Albert Sampaix, domicilié au 12 rue Cumin Gridaine, a épousé Yvonne Colas. Le 22 avril suivant, le “réserviste” a déclaré habiter au 3 rue de Ménil à Sedan.

En 1927, les articles économiques, sociaux et politiques sur la situation à Sedan que Lucien Sampaix publie dans L’Exploité , organe de la région de l’Est du Parti communiste, lui valent d’être licencié non seulement des Aciéries de Longwy en 1926, mais aussi par d’autres employeurs des Ardennes.

En 1929, Lucien Sampaix est désigné secrétaire général de la région Nord-Est (Aisne, Ardennes, Marne) du Parti communiste. Débutant alors une vie de “permanent”, il s’installera à Reims (Marne), au 8 rue Coquebert.

Il incite aux mouvements revendicatifs et conduit des grèves dans différentes industries de la région (textile, métallurgie…). Le 10 avril 1930, il distribue des tracts antimilitaristes avec Louis Pichon, selon la police. Devenu directeur de L’Exploité , Lucien Sampaix y publie de nombreux articles appelant à la fraternité entre soldats et ouvriers. Le 24 février 1931, un tribunal le condamne à six mois de prison pour ce motif. Il récidive dans des articles publiés les 15 et 19 août 1931. Le 9 septembre suivant, le tribunal correctionnel de la Marne le condamne à deux fois dix mois de prison, et Raoul Blanche, gérant du journal, à deux fois quatre mois pour « provocation de militaires à la désobéissance dans un but de propagande anarchiste ». Entré en clandestinité, Lucien Sampaix est arrêté à Charleville (Ardennes) en novembre 1931 et incarcéré successivement dans les maisons d’arrêt de Reims et de la Santé (Paris 14e), puis à la maison centrale de Clairvaux (Aube), obtenant le statut de détenu politique. Après neuf mois de détention, il est libéré à la faveur d’une amnistie présidentielle.

En 1932, Lucien Sampaix est appelé à la rédaction du quotidien communiste L’Humanité , dirigé par Marcel Cachin, pour s’occuper de la rubrique « informations politiques ». La famille s’installe à Paris ; d’abord au 4, rue Saussure (17e).

Le 7 mai 1933, ils emménagent au 25, rue Émile-Desvaux (19e), dans un tronçon de rue formant impasse. Simone y fait la connaissance d’André Biver, dit « Dédé », jeune voisin domicilié au n° 24, né le 31 juillet 1921 à Paris 10e, et avec lequel elle se fiancera.

Simone partage très tôt l’engagement de ses parents, en particulier de son père, auquel elle voue une profonde admiration.

En juillet 1936, Lucien Sampaix devient secrétaire général de L’Humanité .

Le 28 juillet 1939, à la suite d’un article publié le 18 juillet et dans lequel il mettait en cause diverses personnalités désignées par leurs initiales, Lucien Sampaix est cité à comparaître devant la 12e chambre du tribunal correctionnel de la Seine pour « inculpation de divulgation de renseignements relatifs à une affaire en cours d’instruction », la presse évoquant une « divulgation de renseignements relatifs aux enquêtes et informations » concernant les affaires de trahison et d’espionnage. La cour acquitte le rédacteur et son journal.