Simone MITERNIQUE

Née Brunet
Matricule d’Auschwitz non établi
🕊️ Morte en déportation
Photographie non retrouvée pour Simone MITERNIQUE
Photographie individuelle non retrouvée. Image de remplacement.

Simone Blanche Julie Brunet naît le 25 février 1906 à Senonches, en Eure-et-Loir. Son père, Victor Brunet, est charron-forgeron ; sa mère, Laure Broudin, élève Simone, son frère Roger et leur sœur Fabienne. La Première Guerre mondiale éloigne durablement Victor, mobilisé dans le train des équipages puis envoyé dans l’Armée d’Orient.

Le 9 juin 1934, à Paris, Simone épouse Joseph Miternique, formé comme coiffeur et alors militaire. Le couple vit ensuite dans une cité d’habitations à bon marché de Maisons-Alfort. Simone est mère d’un garçon, Serge. Quand la guerre éclate, Joseph est mobilisé puis retenu prisonnier en Allemagne, laissant sa famille dans une situation rendue plus fragile par l’Occupation.

Dès 1940, Victor Brunet et son fils Roger organisent une filière de passage de la ligne de démarcation. À Paris, Simone et son père prennent en charge les candidats au passage. Elle conduit ensuite les groupes, parfois forts de plusieurs dizaines de personnes, jusqu’au relais tenu par Roger. Ces déplacements répétés, accomplis plusieurs fois par semaine, exposent toute la famille.

En août 1942, Simone et son père sont arrêtés à Paris ; Roger l’est à son tour le 20 août. Le 8 octobre, Simone est transférée seule au fort de Romainville, où elle reçoit le matricule 883. En janvier 1943, un photographe la saisit devant un drap tendu sur les barbelés : ce portrait de détention est aujourd’hui conservé.

Le 22 janvier 1943, elle part pour le camp de Royallieu à Compiègne. Deux jours plus tard, elle est déportée avec les 230 femmes du convoi dit des « 31000 ». Le train arrive à Auschwitz le 26 janvier ; les détenues gagnent Birkenau à pied le lendemain. Le numéro attribué à Simone dans le camp n’a pas pu être établi avec certitude.

Les témoignages des rescapées situent sa mort très tôt après l’arrivée, avant le 10 février 1943, dans l’effondrement provoqué par le froid, la faim et les violences. L’administration SS porte pourtant au 10 avril une date qui paraît incompatible avec ces souvenirs. Cette divergence demeure et doit être signalée sans trancher artificiellement.

Son père Victor est déporté à Buchenwald en janvier 1944 et y meurt le 20 février 1945. Roger survit à Sachsenhausen et est libéré en mai 1945. Longtemps sans nouvelles, Joseph ne peut faire établir officiellement le décès de son épouse qu’après la guerre. La mémoire de Simone reste celle d’une mère et d’une passeuse engagée avec les siens.