Sophie BRABANDER

Née Czeposka
Matricule 31694
🕊️ Morte en déportation
Portrait documenté de Sophie BRABANDER
Crédit non indiqué par la source

Sophie Czeposka naît le 4 juillet 1887 à Lublin, dans une famille de la bourgeoisie polonaise. Elle vient à Paris en 1909 pour étudier le droit et obtient sa licence. En 1916, elle épouse François Brabander, compatriote venu suivre des études de médecine. Ils fondent une famille dont les enfants Hélène et Romuald grandissent en France.

Pendant l’Occupation, le docteur Brabander rejoint l’Organisation polonaise de lutte pour l’indépendance, dite réseau Monika, et Sophie le seconde. Ce réseau soutient la résistance polonaise en France et prépare des maquis. François est arrêté une première fois en octobre 1941 après la découverte d’un tract, purge deux mois de prison puis reprend ses activités avec prudence.

Le 29 septembre 1942, la Gestapo arrête Sophie et François à leur domicile, puis leur fils Romuald, âgé de seize ans. Tous trois sont interrogés rue des Saussaies et conduits au fort de Romainville. Le lendemain, leur fille Hélène y est amenée à son tour. Sophie reçoit le matricule 832 ; toute la famille se trouve désormais captive.

Sophie et Hélène quittent Romainville pour Royallieu en janvier 1943 et sont déportées ensemble le 24. À Auschwitz, Sophie reçoit le matricule 31694 et sa fille le 31695. Le triptyque de Sophie est réalisé le 3 février. Une semaine plus tard, lors de la « course » meurtrière imposée à Birkenau, elle est sélectionnée pour le Block 25.

Elle meurt quelques jours après cette journée, le 22 février 1943 selon l’acte du camp. Hélène succombe au typhus le 23 mai. À Sachsenhausen, François et Romuald restent ensemble, puis sont évacués à Bergen-Belsen. Libéré par les Britanniques, François meurt le 31 mai 1945 des suites du typhus et de complications pulmonaires.

Romuald est rapatrié le 5 juin 1945 et apprend au Lutétia, dès le lendemain, la mort de sa mère et de sa sœur. Seul survivant des quatre déportés de la famille, il devient un témoin et reçoit plus tard plusieurs distinctions de déporté-résistant. Il meurt en 2010 après avoir longtemps porté cette histoire familiale.

Le visage de Sophie, conservé par la photographie d’Auschwitz, relie la juriste venue étudier librement à Paris, l’épouse d’un médecin résistant et la mère arrêtée avec les siens. Son engagement ne se réduit pas à celui de son mari : la notice affirme qu’elle le seconde activement dans un réseau luttant pour l’indépendance polonaise.