Suzanne COSTENTIN

Née Boineau
Matricule 31765
🕊️ Morte en déportation
Photographie non retrouvée pour Suzanne COSTENTIN
Photographie individuelle non retrouvée. Image de remplacement.
Suzanne Berthe Angèle Boineau naît le 13 mai 1893 à Arçais, dans les Deux-Sèvres. Son père, Auguste Léon Boineau, est sabotier, et sa mère se nomme Marie Octavie Adèle Ménard. Elle grandit avec deux sœurs aînées et un frère. Boursière du Conseil général, elle suit des études d’institutrice et commence à enseigner à Saint-Martin-de-Sanzay. En 1925, elle participe à un voyage en URSS avec une délégation de militants de la CGTU. Elle y rencontre l’instituteur Émile Costentin, qu’elle épouse au Havre le 3 août 1926. Tous deux militent dans le syndicalisme enseignant et au Parti communiste. Après Fécamp, ils obtiennent une mutation à Rouen. Émile meurt en 1934 ; le couple n’a pas d’enfant. À Rouen, Suzanne enseigne à l’école maternelle Pauline-Kergomard, dans le quartier de la Croix-de-Pierre. Elle est secrétaire de la Maison de la culture et secrétaire adjointe du Syndicat unitaire de l’Enseignement laïc de Seine-Inférieure. Artiste, elle travaille aussi le cuir et l’aluminium. Dès 1940, son appartement de la rue Pouchet devient un lieu de rencontre et d’aide aux clandestins. Elle collecte pour les familles de prisonniers, assure des liaisons et participe au travail clandestin. Elle rejoint le Front national de lutte pour la liberté et l’indépendance de la France après sa création en 1941. Le 9 février 1942, des policiers allemands l’arrêtent à son domicile. Elle subit de longs interrogatoires et reste détenue plusieurs mois au palais de justice de Rouen. Le 27 octobre 1942, Suzanne est transférée au fort de Romainville, où elle reçoit le numéro 1112. Les 22 et 23 janvier 1943, les détenues destinées à la déportation sont rassemblées au camp de Royallieu à Compiègne. Le 24 janvier, Suzanne monte avec 229 autres femmes dans les derniers wagons d’un convoi dirigé vers Auschwitz. Arrivée le 26 janvier au soir, elle entre le lendemain au camp de femmes de Birkenau. Elle y est enregistrée sous le matricule 31765, tatoué sur son avant-bras gauche, puis photographiée à Auschwitz-I le 3 février. Battue, épuisée et atteinte de graves gelures qui se gangrènent, elle est finalement portée au Revier, où elle meurt peu après son admission. La date précise reste incertaine ; une plaque familiale à Frontenay-Rohan-Rohan retient le 23 mars 1943. Suzanne Costentin demeure l’institutrice, la syndicaliste et la résistante qui, derrière le matricule 31765, met son logement, son activité et ses liens au service des personnes pourchassées. Son nom est aujourd’hui associé à plusieurs lieux de mémoire.