Sylviane COUPET

Matricule 31804
🕊️ Morte en déportation
Portrait documenté de Sylviane COUPET
Photographiée à Auschwitz-I, le 3 février 1943. Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, Oświęcim, Pologne. Collection Mémoire Vive. Droits réservés.

Sylviane Jeanne Coupet naît le 15 août 1925 dans le sixième arrondissement de Paris. Son père est militaire dans l’infanterie coloniale et sa mère, Madeleine Battais, tombe gravement malade. Lorsque le père est fait prisonnier de guerre, Sylviane et sa mère sont accueillies rue Lamarck par la tante Marguerite et son mari Fernand Stora, tailleur reconnu du monde du spectacle.

Madeleine meurt de tuberculose le 19 juin 1942. Âgée de seize ans, Sylviane reste chez les Stora. La famille est directement menacée par les persécutions antisémites : un frère de Fernand et son fils sont déjà arrêtés. En novembre, des Allemands reviennent pour saisir Fernand. Absent, il échappe à l’arrestation ; Sylviane refuse cependant de rester silencieuse.

La jeune fille insulte les hommes en uniforme venus fouiller la maison. Ils la giflent puis l’emmènent avec sa tante Marguerite, laissant seule la mère âgée et infirme de Fernand. Le 14 novembre 1942, tante et nièce sont internées au fort de Romainville, seules nouvelles entrantes ce jour-là. Sylviane reçoit le matricule 1216 et Marguerite le 1217.

Le 23 janvier 1943, elles rejoignent Royallieu, puis sont déportées le lendemain dans le convoi des 230 femmes. À Birkenau, Sylviane devient le matricule 31804, Marguerite le 31805. Leurs portraits anthropométriques sont pris le 3 février. À dix-sept ans, Sylviane découvre la quarantaine, le Block 26 et l’univers de travail et de violence du camp.

Marguerite meurt au Revier le 9 mars 1943. Sylviane y est elle-même admise et reste plusieurs mois sur les planches de ce prétendu hôpital, sans soins capables de la sauver. Des compagnes viennent encore la voir : elles décrivent une adolescente squelettique, rongée par la maladie, mais dont les yeux bleus demeurent intensément présents.

Selon les témoignages des rescapées, Sylviane meurt en août 1943, peu avant ou autour de son dix-huitième anniversaire ; aucun jour certain n’est donné. Sa mort est l’aboutissement d’une arrestation sans activité clandestine établie : elle est prise comme proche d’un homme juif recherché et parce qu’elle ose protester contre les agents venus l’arrêter.

Son triptyque retrouvé à Auschwitz restitue le visage très jeune que la brutalité de la photographie de camp ne peut effacer. Sylviane Coupet reste l’une des benjamines du convoi. Sa biographie rappelle que la répression pouvait frapper une adolescente pour un lien familial, une parole de colère et un refus immédiat de l’humiliation.