Au fort de Romainville, en détention allemande. Droits réservés.
Toussainte Rose Fortunée Oppici, naît le 7 octobre 1905 à Marseille (Bouches-du-Rhône) de Natale Oppici et d’Angèle Delpiano. Elle se dit de nationalité française…
Le seul dossier à son nom conservé aux archives de la préfecture de police ne contient qu’une correspondance échangée à la fin octobre 1936 entre le consul de France à Londres et la préfecture de police. Le 12 septembre précédent, Toussainte Oppici a atterri à l’aéroport de Croydon, porteuse d’un faux passeport italien au nom de Louis Sereno. Interrogée par les autorités britanniques, elle a déclaré sa véritable identité et habiter à Paris, mais en refusant d’y indiquer une adresse. Le 26 octobre, à la demande de Scotland Yard, le consul prie le préfet de police de lui faire connaître d’urgence, avant une libération prévue quelques jours plus tard (« samedi prochain »), les renseignements que son administration possède sur elle « et spécialement sur sa nationalité ». Le rapport alors établi par la direction de la police judiciaire indique que Toussainte Oppici est sous le coup d’un mandat d’arrêt, d’un jugement de la 13e chambre correctionnelle de la Seine pour délits de vols dans les magasins de la capitale, et que son nom est inscrit aux Sommiers judiciaires depuis juin 1925 jusqu’à juin 1934, avec des condamnations à de courtes peines de prison pour vol. Jusque-là, elle a résidé en hôtel à diverses adresses à Paris, en dernier lieu, du 16 février au 6 mars 1934 au 26 rue de Bruxelles, sous le nom de Toussainte Durand. « Depuis son départ de la voie ci-dessus, on ne trouve plus trace de son séjour dans le ressort de la préfecture de police. »
Selon les souvenirs de certaines rescapées, Toussainte Oppici, dite Nine, tient un restaurant de spécialités marseillaises du côté de la place de Clichy (au carrefour de plusieurs arrondissements : 8e, 9e, 17e, 18e).
Les causes de l’arrestation de Toussainte Oppici sous l’Occupation ne sont pas connues. On peut supposer une décision des autorités allemandes…
Le 10 novembre 1942, elle est internée au Fort de Romainville ; le même jour que les résistantes du Réseau Johnny, Lina Kühn, Marguerite Chavaroc, de Quimper, Simone et Marie Alizon, de Rennes. Toussainte Oppici y est enregistrée sous le matricule n° 1194.
Le 22 janvier 1943, cent premières femmes otages sont transférées en camions au camp de Royallieu à Compiègne ; leurs fiches individuelles du Fort de Romainville indiquent « 22.1 Nach Compiègne uberstellt » (transférée à Compiègne le 22.1).
Le lendemain, Toussainte Oppici fait partie du deuxième groupe de cent-vingt-deux détenues du Fort qui les y rejoint, auquel s’ajoutent huit prisonnières extraites d’autres lieux de détention (sept de l’établissement pénitentiaire de Fresnes et une du dépôt de la préfecture de police). À ce jour, aucun témoignage de rescapée du premier transfert n’a été publié concernant les deux nuits et la journée passées à Royallieu, et le récit éponyme de Charlotte Delbo ne commence qu’au jour de la déportation… Toutes passent la nuit du 23 janvier à Royallieu, probablement dans un bâtiment du secteur C du camp.
Le 22 janvier 1943, cent premières femmes otages sont transférées en camions au camp de Royallieu à Compiègne (leurs fiches individuelles du Fort de Romainville indiquent « 22.1 Nach Compiègne uberstellt » : « transférée à Compiègne le 22.1 »).
Le lendemain, Toussainte Oppici fait partie du deuxième groupe de cent-vingt-deux détenues du Fort qui les y rejoint, auquel s’ajoutent huit prisonnières extraites d’autres lieux de détention (sept de la maison d’arrêt de Fresnes et une du dépôt de la préfecture de police de Paris). À ce jour, aucun témoignage de rescapée du premier transfert n’a été publié concernant les deux nuits et la journée passées à Royallieu, et le récit éponyme de Charlotte Delbo ne commence qu’au jour de la déportation… Mais Betty Jégouzo confirme ce départ en deux convois séparés, partis un jour après l’autre du Fort de Romainville. Toutes passent la nuit du 23 janvier à Royallieu, probablement dans un bâtiment du secteur C du camp.
Le matin suivant, 24 janvier, les deux-cent-trente femmes sont conduites à la gare de marchandises de Compiègne et montent dans les quatre derniers wagons (à bestiaux) d’un convoi dans lequel plus de 1450 détenus hommes ont été entassés la veille. Comme les autres déportés, la plupart d’entre elles jettent sur les voies des messages à destination de leurs proches, rédigés la veille ou à la hâte, dans l’entassement du wagon et les secousses des boggies (ces mots ne sont pas toujours parvenus à leur destinataire).
En gare de Halle (Allemagne), le train se divise et les wagons des hommes sont dirigés sur le KL Sachsenhausen, tandis que les femmes arrivent en gare d’Auschwitz le 26 janvier au soir. Le train y stationne toute la nuit.