Photographie individuelle non retrouvée. Image de remplacement.
Yvette Lucienne Georgette Champion naît le 5 août 1915 à Crouzilles, en Indre-et-Loire, fille d’Angèle Champion. En 1926, elle vit chez une tante maternelle et son mari, carrier, au lieu-dit Les Boisseaux à Trogue, où elle fréquente l’école communale. Sa mère, veuve et chargée de ses enfants, travaille comme femme de service dans une école de Tours.
Le 23 juin 1934, Yvette épouse à Tours Émile Charles Marival, monteur en chauffage et militant communiste avant-guerre. Elle est alors déclarée comme femme de ménage. Sous l’Occupation, le couple habite rue du Canal, dans le quartier de La Fuye. Émile participe à un réseau clandestin tourangeau qui réceptionne, prépare et diffuse des tracts communistes.
Les pièces rassemblées après-guerre présentent Yvette comme agente de liaison du Front national de Touraine pour la distribution de propagande anti-allemande. À l’été 1942, la découverte par la police de documents sur l’organisation communiste locale entraîne une vague d’arrestations. Dans la nuit du 4 août, Yvette et Émile sont arrêtés à leur domicile par la police allemande, en même temps que François Marival.
Yvette est enfermée à la maison d’arrêt de Tours, rue Henri-Martin. À l’aube du 6 novembre 1942, elle est transférée avec dix-sept autres prisonnières vers Paris, puis au fort de Romainville, sur la commune des Lilas. Elle y est enregistrée sous le matricule 1177. Un photographe la portraiture en janvier 1943, une réglette d’identification suspendue devant elle.
Le 23 janvier 1943, Yvette rejoint le camp de Royallieu à Compiègne. Le lendemain, elle est déportée dans un convoi de plus de 1 450 hommes et 230 femmes, parmi lesquels se trouvent son mari et son beau-frère. À Halle, les wagons des hommes partent vers Sachsenhausen ; ceux des femmes atteignent Auschwitz le 26 janvier, puis Birkenau le lendemain.
À Birkenau, Yvette reçoit probablement le matricule 31787, selon la correspondance avec le registre de Romainville ; l’attribution reste incertaine, et sa photographie d’immatriculation d’Auschwitz n’a pas été retrouvée. Après la quarantaine au Block 14, les détenues sont soumises aux corvées, à la faim et aux conditions meurtrières du camp. L’administration SS fixe sa mort au 7 mars 1943.
Émile Marival meurt lui aussi en déportation, à Sachsenhausen, le 23 avril 1943. Yvette obtient finalement à titre posthume le statut de Déportée résistante en 1961. Son nom figure avec ceux d’Émile et de François sur la stèle des habitants du quartier La Fuye-Velpeau disparus pendant la guerre. Derrière les matricules demeurent la jeune Tourangelle et son engagement clandestin.