Yvonne BLECH

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inconnu
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Photographie de Yvonne BLECH
Photo anthropométrique prise le 17 mars 1942 par le service de l’identité judiciaire. © Archives de la Préfecture de Police (APP), Paris.

Photo anthropométrique prise le 17 mars 1942 par le service de l’identité judiciaire. © Archives de la Préfecture de Police (APP), Paris.

Yvonne Vauder naît le 25 janvier 1907, à Brest (Finistère), dans une famille de la bonne bourgeoisie locale.

À dix-huit ans, elle termine à Paris ses études secondaires en ayant obtenu le baccalauréat et décide d’y rester.

Pendant plusieurs années, elle travaille comme attachée au service de presse chez Gallimard. Elle fait la connaissance des jeunes écrivains de la maison : Pierre Unik, Drieu La Rochelle, Saint-Exupéry. Des destins.

En 1931, elle adhère à l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires (AEAR) qui a entrepris de monter des bibliothèques prolétariennes dans les usines. Yvonne s’occupe activement de ces bibliothèques. C’est à cette époque qu’elle rompt avec son père, conseiller municipal d’extrême-droite à Brest.

En 1937 , elle quitte Gallimard pour devenir secrétaire de rédaction de Visages du Monde , publication dont Roger Pillement est le rédacteur en chef.

La même année, elle épouse René Blech, français né en 1900 à Bruxelles (Belgique), romancier, alors membre du Parti communiste depuis deux ans, secrétaire de rédaction de Commune , revue de l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires (AEAR), pour laquelle il est également chroniqueur de livres. René Blech devient secrétaire de la « Maison de la Culture », regroupant plusieurs associations culturelles et dont Aragon est le secrétaire général. Le domaine de René Blech est notamment celui des organisations de théâtres et de cinéma.

En 1938, Yvonne Blech est rédactrice à Regards , hebdomadaire illustré dont Édouard Pignon est le metteur en page, et elle adhère au parti communiste.

À l’automne 1939, Regards est du nombre des multiples publications interdites à la suite du pacte germano-soviétique. Yvonne Blech fait des corrections chez elle pour Gallimard. Elle relit les épreuves des volumes de La Pléiade ; le Paul Valéry est le dernier ouvrage qu’elle a revu.

Au début de la guerre, René Blech, son mari, entre dans le réseau clandestin des intellectuels communistes. Sous le pseudonyme de “Jacques Bonhomme”, il serait l’auteur du poème Pétain , paru dans le premier numéro de la revue clandestine La pensée , fondée par G. Politzer, J. Solomon et J. Decour. Tout en menant une vie apparemment sans mystère, Yvonne Blech assure le ravitaillement de son mari.

Le 3 mars 1942, les inspecteurs des brigades spéciales laissent échapper René Blech qu’ils traquent dans le cadre des filatures de l’affaire Pican-Cadras-Politzer. Ils vont à son domicile connu, trouvent Yvonne, fouillent l’appartement, n’y voient aucune trace de René Blech, aucun papier compromettant.

Yvonne prétend qu’elle est séparée de son mari et est en instance de divorce, Toutefois, alors qu’ils sont prêts à quitter le domicile d’Yvonne, les inspecteurs reconnaissent le parapluie de son mari…