Yvonne NOUTARI

Matricule 31718
survivant
Portrait documenté de Yvonne NOUTARI
Crédit non indiqué par la source
Convoi 31000

Yvonne Moudoulaud naît le 5 mai 1915 à Bègles (Gironde – 33), dans une famille ouvrière dont le père est mort jeune. Elle a (au moins) une sœur plus jeune, Marcelle, surnommée « Mimi ».

Après avoir suivi l’école communale à Bègles, Yvonne Moudoulaud est ouvrière dans une fabrique de bottes métalliques.

Elle se marie jeune avec Robert Noutari, né le 29 mai 1912 à Bordeaux (33) mouleur sur fonte à l’usine SNCASO (Société nationale de Construction Aéronautique du Sud-Ouest) de Bègles.

Ils ont deux enfants (les « Bicous ») : Robert, surnommé « Robinot », et Marcelle, surnommée « Moustic » parce que jugée trop maigre. Ils habitent un logement au 5 cité Brulatour (une impasse) à Bordeaux.

Avant guerre, Robert Noutari est un militant actif.

Le 4 septembre 1939, il est appelé sous les drapeaux, au 344e RI, puis démobilisé le 9 août 1940.

Sous l’occupation, il reprend son activité au sein du Parti communiste, interdit depuis près d’un an.

Sa mère, Marie Louise, s’étant marié en secondes noces avec un citoyen britannique (Cecil ? Jibson), est considérée comme anglaise par l’occupant et internée au Frontstalag 121 à Vittel (Vosges).

À une date restant à préciser, Robert Noutari est arrêté une première fois et interné administrativement dans un camp français (à Mérignac ?). Il finit par s’en évader. C’est probablement à ce moment qu’il participe à la résistance armée, organisant des sabotages sur des voies ferrées selon une enquête de police (voir note).

Il est repris en juin 1942 et emprisonné au Fort du Hâ, 11 rue du Maréchal-Joffre, dans le quartier français de la prison.

La police perquisitionne au domicile du couple et saisi les économies familiales.

Affiliée au Front national, Yvonne héberge des résistants. Le dernier d’entre eux est Jean Dancla, militant évadé depuis trois mois (« un petit brun avec une petite moustache et un blouson de cuir »). Dans un courrier ultérieur, Robert Noutari dira ne pas le connaître, mais peut-être s’agit-il d’une dénégation indirectement adressée à la censure policière. Toujours est-il que Dancla est l’objet d’une filature menée par la police française.