Yvonne PATEAU

Matricule 31728
decede
Portrait documenté de Yvonne PATEAU
Crédit non indiqué par la source
Convoi 31000

Yvonne Pateau naît le 14 septembre 1901 à Angles (Vendée – 85), dans une famille paysanne de quatre enfants. Elle va à l’école jusqu’au certificat d’études, puis aide ses parents dans leur ferme.

En 1919, elle se marie avec son cousin germain, Alexandre Pateau, né le 18 août 1895 à Marans (Charente-Maritime [1] – 17) ; elle ne change pas de nom…

Les Pateau exploitent ensuite une petite ferme se composant de trois pièces d’habitation, une écurie avec deux vaches et un cheval, quelques hectares, dans un hameau de trois maisons – Chez Bajot – à un kilomètre du bourg de Saint-André-de-Cognac (Charente – 16), à la limite ouest du département.

Vers le début 1938, à une date restant à préciser, ils ont un fils, Stéphane, Marx.

Le deuxième prénom de leur enfant vient de ce que les Pateau sont militants du Parti communiste.

Alexandre Pateau est un homme très réservé. Mais justement très estimé, ainsi que sa famille, pour cette réserve qui lui vaut la confiance des habitants de Saint-André.

L’entrée de leur maison tournant le dos aux deux autres fermes, celle-ci est appropriée pour des activités secrètes dans la période de clandestinité du Parti communiste et sous l’occupation.

L’exploitation agricole des Pateau appartient alors au réseau des fermes charentaises où les Francs-tireurs et partisans (FTP) cachent des armes, volées aux Allemands dans la carrière de Jonzac ou récupérées de différentes manières ( v. Aminthe Guillon ). À la veille d’un coup de main, des résistants viennent prendre les munitions dont ils ont besoin et couchent à la ferme.

Le 27 juillet 1942, une note émanant des renseignements généraux indique : « M. Poinsot part ce soir à 23 heures pour les Charentes avec les autorités allemandes et six inspecteurs avec chiens. Ils se proposent d’effectuer une action simultanée à La Rochelle, Saintes, Cognac et d’autres localités, en vue d’arrêter des groupes terroristes. »

Le lendemain 28 juillet, à 4 heures du matin, Monsieur Cessac, maire de Saint-André-de-Cognac, est réveillé brusquement. Il enfile son pantalon sur sa chemise de nuit pour ouvrir avant qu’on enfonce la porte. Deux officiers allemands le poussent dans une voiture. Sa femme lui jette ses pantoufles par la fenêtre et le voit partir entre les deux hommes. Des camions attendaient plus loin, bondés de soldats allemands. Les officiers ont sommé M. Cessac de les conduire chez les Pateau. Arrivés là, les soldats, armés de mitraillettes, sautent des camions et cernent le hameau.

Réveillé par les coups à la porte, Alexandre Pateau ouvre. Camille Perdriau [2], un jeune résistant résistant du Maine-et-Loire venu se procurer du matériel à la ferme avant d’effectuer un sabotage, bondit, un revolver à la main. Il n’a pas le temps de faire feu. En un instant il est ligoté. Dans le même moment, les Allemands arrêtent les Vaujour, des voisins amis des Pateau.

Exactement au même instant, une deuxième escouade de soldats allemands encercle la ferme des Guillon, Les Violettes, sur la commune de Sainte-Sévère, où elle trouve aussi les Dupeyron, de Bègles (Gironde – 33) venus y chercher des armes.