Yvonne BONNARD

Dite « grand-mère Yvonne » par ses compagnes
Matricule probablement 31627
🕊️ Morte en déportation
Photographie non retrouvée pour Yvonne BONNARD
Photographie individuelle non retrouvée. Image de remplacement.
Yvonne Bonnard naît le 5 août 1899 à Paris. Les recherches publiées par Mémoire Vive et les souvenirs des rescapées livrent très peu d’informations sur son enfance, ses parents ou sa profession. Elle se marie très jeune. En 1942, elle a une fille déjà mariée et vient de devenir grand-mère, à l’âge de quarante-trois ans. Les circonstances de son arrestation ne sont pas établies par les documents actuellement connus. Son éventuel engagement politique ou résistant n’est pas davantage précisé. Elle est internée au fort de Romainville le 7 ou le 8 août 1942. Durant les mois de captivité, les futures déportées du convoi des « 31000 » la surnomment affectueusement « grand-mère Yvonne ». En janvier 1943, elle est incluse dans le groupe des femmes otages transférées de Romainville au camp de Royallieu, à Compiègne. Le 24 janvier, 230 femmes sont entassées dans les quatre derniers wagons à bestiaux d’un convoi comprenant également plus de 1 450 hommes. Les wagons féminins sont séparés du reste du train en Allemagne. Les femmes atteignent Auschwitz le 26 janvier au soir. Le lendemain, elles sont conduites à pied au camp de Birkenau, où elles entrent ensemble. Yvonne se déclare sans religion lors de son enregistrement. Les photographies anthropométriques retrouvées après la guerre n’ont pas permis aux rescapées de reconnaître son visage ni d’assurer définitivement la correspondance de son numéro. Le matricule 31627 lui est donc attribué avec réserve. Cette incertitude explique l’absence de portrait authentique identifié. Comme les autres détenues, elle subit les appels interminables, le froid, la faim et l’épuisement du camp. Un soir, après l’appel, elle tombe dans la boue. Ses camarades la portent jusqu’au Block, mais elle meurt durant la nuit. L’acte de décès du camp fixe sa mort au 7 avril 1943. Les survivantes, se fondant sur leurs souvenirs, la situent toutefois beaucoup plus tôt, le 15 février. Aucun élément ne permet aujourd’hui de résoudre cette divergence. Les deux versions doivent donc rester mentionnées, sans transformer une estimation mémorielle en certitude documentaire. La biographie d’Yvonne Bonnard demeure fragmentaire, mais ces lacunes ne réduisent pas sa place dans le convoi. Derrière un matricule probable et le surnom transmis par ses compagnes se trouve une Parisienne, épouse, mère et jeune grand-mère. Son identité est conservée précisément là où les archives n’ont pas encore permis de retrouver son visage.