Zéphirin Marcel TOILLON

Matricule 46150
decede
Portrait de Marcel Toillon (matricule 46150)
Marcel Toilon, en 1930, agrandissement © AD 90. Source et crédits : Déportés politiques à Auschwitz.
Convoi 45000

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Zéphirin, André, “Marcel”, Toillon naît le 24 mai 1898 à Chaux (Territoire de Belfort), chez ses parents, Joseph Toillon, 35 ans, journalier, et Stéphanie Rémy, son épouse, 31 ans. Les témoins pour l’inscription du nouveau-né à l’état civil sont deux cultivateurs.

Par la suite, la famille s’installe à Lure (Haute-Saône – 70). Marcel Toillon commence à travailler comme employé de chemin de fer.

Le 14 avril 1917, à Vesoul (70), il s’engage volontairement pour quatre ans au 121e régiment d’artillerie lourde comme 2e canonnier. Le 15 avril 1918, il passe au 109e R.A.L. Le 10 janvier 1920, il passe au 1er groupe d’aérostation à Angers. Mais, le 23 mars suivant, la commission de réforme d’Angers l’ajourne pour « anémie et faiblesse générale ». Le 21 octobre, la même commission le classe “service auxiliaire” avec invalidité inférieure à 10 % pour « anémie et troubles digestifs semblant de rattacher à de l’hyperchlorydrie » (excès d’acidité dans l’estomac). Deux jours plus tard, il est renvoyé dans ses foyers et se retire à Lure, titulaire d’un certificat de bonne conduite.

Le 21 juin 1921, l’armée le classe dans l’affectation spéciale comme employé permanent de la Compagnie des chemins de fer de l’Est ; pointeur-releveur à la gare de Gray, située sur la commune d’Arc-lès-Gray (70), et au centre d’un petit réseau régional en étoile partagé entre le réseau de l’Est et celui de la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM).

La gare de Gray indiquée sur une carte du réseau PLM ; les gares situées dans les prolongements sur le réseau de l’Est ne sont pas indiquées…

Le 18 février 1926, à Arc-lès-Gray, commune au bord de la Saône, Zéphirin, Marcel, Toillon se marie avec Jeanne, Marie, Paule, Truchot.

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 42, Grande-Rue (ou rue Grande ?) à Gray (70), commune limitrophe de la précédente sur la rive opposée de la rivière.

Gray. Le pont suspendu sur la Saône et, de l’autre côté, la gare située à Arc-lès-Gray. Carte postale non datée. Coll. Mémoire Vive.

Le 9 avril 1940, le général commandant la 7e Région le raye de l’affectation spéciale par mesure disciplinaire, probablement au motif de son engagement politique antérieur. Le 9 avril 1940, il est affecté au dépôt d’infanterie n° 74.

Le 22 juin 1941, Marcel Toillon est arrêté à l’initiative des autorités d’occupation, parmi vingt-trois militants communistes et syndicalistes de la Haute-Saône [1] (dont les sept futurs “45000” du département et Georges Cogniot) ; n° 21 sur la liste, son nom étant orthographié « Tollion ». Il est finalement interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).

Le quartier “A” de la caserne de Royallieu à Compiègne, futur “camp des communistes” du Frontstalag 122 ; à droite, sont visibles les bâtiments A4, A5, A6, A7 et A8. Carte postale des années 1930. Collection Mémoire Vive.